Exposition 2018 : En marge

EN MARGE

Du 26 mai au 30 septembre 2018

Productions in situ / Le Gentil Garçon, Benoît Luisière , Pierre Monjaret, Benjamin Paré, Pauline Zenk & Lilie Pinot

En partenariat avec IAC-Institut d’art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes et le Frac Occitanie Montpellier.
Artistes : Bertille Bak, Le Gentil Garçon, Benoît Luisière , Pierre Monjaret, Benjamin Paré, Laurent Perbos, Marine Semeria, Xavier Veilhan, Pauline Zenk & Lilie Pinot

Convier des artistes à prendre possession d’une histoire aussi singulière que celle de MEMENTO relève d’une palpitante pudeur. Les espaces de cet ancien Carmel invitent à repenser la notion même d’exposition où la force de l’expérimentation scelle les rencontres artistiques. En explorant les mémoires de cette bâtisse, une évidence s’opère : celle de plonger à coeur perdu dans les plaisirs simples.

En somme, tendre vers une quête altruiste de l’art.

Conçue comme un laboratoire de curiosités contemporaines, l’exposition se construit autour d’une idée centrale : repenser la belle notion de communauté.

Qu’est-ce qui nous fait être ensemble ?

La tentation est grande de recréer ici une microsociété éphémère où se cultiverait l’attention des uns envers les autres et dans laquelle interagiraient activité humaine, création et contemplation. Il s’agit alors d’invoquer ce qui est le propre de l’humain : la délectation, l’euphorie, l’amusement, la réjouissance, le temps libre et la spontanéité, autant de caractères et de sentiments mis en marge par le pragmatisme de nos sociétés en soif de performances.

Ainsi, l’exposition se pense comme un terrain de jeu où s’épanouissent librement de fraiches émotions. Elles tissent une histoire entre les œuvres, le public et le lieu. La partie se joue alors dans une alliance souvent drôle, peut-être déroutante, parfois incongrue.

L’exercice se pare aussi d’une autre question, celle de notre rapport à la création contemporaine. Apparemment trop éloigné de la réalité du monde pour certains, l’art d’aujourd’hui plonge profondément ses racines dans la vie, en se ressourçant en permanence dans les cultures populaires et les conventions sociales qui régissent  nos communautés de vie. Alors, oui, EN MARGE se veut une véritable profession de foi : faire de l’art contemporain un manifeste populaire. Le plaisir procuré ne peut se garder feutré. Autour d’un enjeu esthétique, les pratiques, sans cesse réinventées, prennent ici des voies simultanées.

Il sera alors question de fédérer les genres et les usages populaires par le geste artistique en questionnant l’identité même de ce que nous désignons comme «  populaire  ».

Loin de nous l’idée d’opposer les pratiques entre elles mais, bien au contraire, de s’amuser de l’accès aux formes sans pour autant se priver des références liées à l’histoire des arts et des sociétés.

Stuart Hall* défend l’idée que la culture populaire est l’un des lieux où la lutte pour et contre la culture du puissant est engagée. C’est l’arène du consentement et de la résistance. Dans ce même rapport de force, l’exposition invite à une relecture des signes et des usages culturels qui fondent une histoire commune. Elle en révèle les contradictions, les faiblesses, les absurdités et obsessions de nos pratiques relationnelles. Alors, pour un temps libéré, soyons en MARGE !